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Lame de terrasse grisée fixée par deux vis inox

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TERRASSE · 2026-09-01 · 6 min de lecture

Faire une terrasse en bois, dans l'ordre où ça se passe vraiment

L'ordre dans lequel j'enchaîne un chantier de terrasse en bois, du coup de fil à la mairie à la coupe de rive, et ce que coûte chaque étape prise à l'envers.

Bastien CasaubonLe bois chez le particulier · Morcenx (Landes)
Sa page

Un vendredi de juin, j'ai posé la dernière lame d'une terrasse. Le lundi, le client m'a demandé par où passerait le tuyau du point d'eau qu'il voulait au fond du jardin. Par nulle part. J'ai redémonté onze lames, tiré la gaine, revissé. Une demi-journée pour une question qui se posait trois semaines plus tôt. Depuis, je travaille dans un ordre fixe. Il n'a rien d'élégant, mais il m'évite de démonter.

Avant de sortir la pelle

Premier geste, la mairie. Un appel. Selon la hauteur, selon la surface, selon la commune, il y a une démarche ou il n'y en a pas, et c'est le PLU qui le dit. Je ne l'interprète pas : ce n'est pas mon métier et je le lirais de travers. Je demande, je note, j'avance.

Deuxième geste, la hauteur finie. Pas le niveau du sol actuel, le niveau du dessus des lames une fois tout posé. Je le trace au crayon sur la façade, sous le seuil de la porte-fenêtre, avec un décrochement pour que la pluie qui frappe la vitre ne reparte pas à l'intérieur. Tout le reste se calcule à partir de ce trait. Le trait avant la pelle. Dans l'autre sens, on se retrouve avec une terrasse qui affleure le seuil, et ce jour-là il n'y a plus de solution douce.

Troisième geste, la commande. J'achète mon bois en scierie et une commande de lames en longueurs précises ne sort pas du jour au lendemain. Le relevé Sirene d'août 2026 compte 2 536 communes qui accueillent au moins un établissement de sciage actif, donc il y a en général quelque chose à portée de fourgon, mais ça se prépare. J'appelle, je donne mes longueurs, je demande quand je peux charger. Sur les essences, on discute : résineux, exotique, ça dépend de ce que le client veut voir dans dix ans et de ce qui passe la porte de la scierie ce mois-là. Sur les traitements, je ne conseille rien, jamais. Je dis ce que je veux poser. La scierie dit ce qu'elle a.

Quand le bois arrive, je ne le pose pas. Je le sors du film, je le mets à plat sur des cales, à l'abri de la pluie mais à l'air, et je le laisse une semaine ou deux. Plus si le temps est humide. Des lames posées le jour de la livraison, j'en ai vu ouvrir des joints à faire tomber une pièce de monnaie deux mois plus tard. C'est du temps qui n'apparaît sur aucune facture.

Le terrain, et où l'eau s'en va

Je décaisse. La terre végétale part, avec tout ce qui repousse dedans. Puis je regarde l'eau. Une averse suffit, ou un tuyau d'arrosage laissé ouvert dix minutes au bon endroit. Je veux savoir où elle file quand elle arrive là, et surtout ce qu'elle fait le long du mur.

Une terrasse ne rend pas un terrain étanche, elle le couvre. L'eau passe entre les lames et retombe dessous. Si le dessous est une cuvette, elle y reste, et c'est cette flaque que personne ne voit jamais qui tue une structure, pas la pluie qui tombe sur les lames. Alors je donne une pente légère au fond de forme, je l'éloigne de la maison, je pose un géotextile et un lit de gravier que je compacte à la plaque. À la plaque. Au talon, j'ai essayé. Une fois.

Le cordeau, avant tout le reste

Piquets, cordeaux, puis je mesure les deux diagonales et je les compare jusqu'à ce qu'elles tombent pareil. Une terrasse de travers ne se voit pas au sol. Elle se voit le jour où la dernière lame arrive contre le mur et qu'elle est plus large d'un côté que de l'autre.

C'est aussi le moment où je décide du sens des lames. Pas plus tard. Le sens des lames commande celui des lambourdes, qui commande la position des appuis. Une fois les plots réglés, changer d'avis veut dire tout reprendre. Chez moi, les lames partent le plus souvent perpendiculaires à la façade, dans le sens où on marche en sortant de la maison. C'est une habitude, pas une règle.

La journée qu'on ne reverra plus

Sur une surface courante, la structure se monte en une journée. Deux si le terrain est mauvais ou si le niveau se rattrape sur plusieurs dizaines de centimètres. Ce qui porte quoi, l'entraxe, le réglage des plots, le comportement des lambourdes, je le raconte en détail ailleurs. Ici, ce qui compte, c'est sa place dans la chronologie.

Structure nue, tout est accessible. Lames posées, plus rien. Donc c'est à ce moment précis que je passe les gaines électriques, les tuyaux, l'arrivée d'un descendant de gouttière s'il traverse. J'ai pris l'habitude de faire le tour avec le client à cette étape, avant de sortir la première lame, en lui demandant ce qu'il voudra peut-être un jour à cet endroit. Cinq minutes de conversation qui remplacent une demi-journée de démontage. Je l'ai apprise, cette habitude.

La pose, et le rythme réel

Deux vis par croisement de lambourde, en inox. Je pré-perce, y compris quand on me dit que ce n'est pas nécessaire, parce que les fentes en bout de lame partent presque toujours de là. Sur mes chantiers, une petite terrasse consomme à peu près une boîte de cinq cents vis, et j'en commande toujours une de plus : revenir chercher des vis en milieu de pose casse la journée.

Le jeu entre lames, je le prends avec des cales de largeur identique, jamais à l'œil. Un jeu régulier compte plus qu'un jeu large. Dans une livraison, il y a toujours quelques lames qui refusent de se coucher droit : je les garde pour les coupes courtes, ou je les rattrape au serre-joint avec un tasseau, une vis à la fois, en repartant du bord déjà posé.

Les rives, je les coupe en dernier. Je pose les lames débordantes, sans chercher la longueur exacte, puis je tire une règle et je coupe tout en une seule passe à la scie circulaire. Une ligne droite d'un coup. Lame par lame, ça se voit à trois mètres.

Pour la cadence, seul, je compte grosso modo une journée de pose pour une journée de structure. À deux, ce n'est pas deux fois plus rapide : un qui présente, un qui visse, ça fait peut-être un tiers de temps en moins, pas la moitié.

Les semaines d'après

Le bois grise. C'est la première chose qui surprend les clients, et ça ne dit rien sur la solidité de ce qu'il y a dessous. Les premières semaines, les lames se stabilisent avec l'humidité de l'endroit : les joints s'ouvrent, se referment, se calent. Quand le client veut bien, je repasse deux ou trois mois plus tard et je resserre les vis qui ont pris du jeu. Il y en a toujours une poignée. Jamais toutes.

L'entretien qui compte vraiment, chez moi, c'est le balai entre les lames. Feuilles, sable, aiguilles. Un joint bouché, l'eau ne descend plus, elle reste sur la lambourde, et la lambourde ne sèche plus jamais.

On me demande souvent le composite. Je n'en pose pas, sans mépris : je n'ai pas assez de recul dessus pour dire comment ça se comporte au bout de dix ans dehors, et je préfère parler de ce que j'ai démonté moi-même. Ce que je sais, c'est que dessous, l'ordre ne change pas. Le même décaissement, la même pente, la même eau qui doit trouver par où partir.

Bastien Casaubon

Aménagements extérieurs bois dans les Landes. Terrasses, palissades, clôtures. Il achète en scierie et il explique pourquoi.

Ne prescrit aucun traitement chimique. Ne donne pas de prix au mètre carré. Ne commente aucune règle d'urbanisme : il renvoie au PLU et à la mairie. Il n'est ni juriste, ni technicien bois, ni conseiller en urbanisme.

La page de Bastien →
Trois questions

Onze lames démontées pour une gaine

  1. 1. Pourquoi la hauteur finie se trace-t-elle sur la façade avant même le décaissement ?

  2. 2. Qu'est-ce qui abîme la structure d'une terrasse, plutôt que la pluie tombée sur les lames ?

  3. 3. Pourquoi les gaines et les tuyaux se passent-ils quand la structure est encore nue ?

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