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title: Le douglas en bardage : ce que j'ai vu vieillir en Bretagne
description: Ce que le douglas devient sur une façade bretonne au fil des hivers, de l'aubier à la résine, et ce que je demandais au téléphone avant de commander un lot.
url: https://www.scierie-locale.fr/guides/le-douglas-en-bardage-ce-que-j-ai-vu-vieillir-en-bretagne.html
source: Sirene (Insee) + fiches Google
date_donnees: 22 août 2026
licence: donnees publiques, reutilisation avec citation de la source
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Le douglas en bardage : ce que j'ai vu vieillir en Bretagne | Scierie Locale 

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 BARDAGE · 2026-10-07 · 5 min de lecture

# Le douglas en bardage : ce que j'ai vu vieillir en Bretagne

 Ce que le douglas devient sur une façade bretonne au fil des hivers, de l'aubier à la résine, et ce que je demandais au téléphone avant de commander un lot.

 Soazig Guennou Le bois une fois qu'il est posé · Quimperlé (Finistère) 
 Sa page 

 En bref

 Rosé et dense à la livraison, le douglas porte des nœuds adhérents qui foncent plus vite que le bois autour et restent lisibles à trois ans.
 L'aubier, plus clair, se dégrade en pied de bardage là où la pluie rebondit du sol, en deux hivers, alors que le reste de la lame tient.
 Sur une façade sud, la résine perle sous les nœuds en plein été, durcit, fonce et laisse une traînée visible en lumière rasante.
 Le rose vire au roux la première année, le gris s'installe par plaques après deux hivers, et vers trois ans la façade est en camaïeu.
 
 Ma première façade en douglas s'est choisie sur un échantillon posé sur une table de cuisine. Une lame fraîchement rabotée, rose, presque saumon sous la lampe. Les propriétaires ont dit oui à cette couleur-là. Trois ans plus tard, il n'en restait rien sur la façade sud, et la conversation a été désagréable. Je n'avais pas menti. J'avais simplement montré le bois au seul moment de sa vie où il ressemble à ça.
 Depuis, quand quelqu'un me tend un échantillon de douglas, je demande d'abord combien de temps il compte rester dans la maison.

## Ce que le douglas est le jour où il arrive
 Le duramen est rosé, avec des cernes marqués, une alternance nette entre le bois de printemps et le bois d'été. L'aubier, la couche du dessous de l'écorce, est beaucoup plus clair, presque blanc. Sur une lame prise en bord de grume, la démarcation se voit à un mètre.
 Il y a des nœuds, souvent, et ils sont adhérents. Un nœud de douglas ne tombe pas quand on manipule la lame, contrairement à ce que j'ai vu sur certains lots de pin. Il reste, il fonce plus vite que le bois autour, et à trois ans il se lit encore comme une tache franche au milieu d'une façade qui grise.
 Le bois est dense sous la main. Une lame de bardage douglas pèse plus qu'une lame de sapin de la même section, et on le sent en fin de journée, à la troisième rangée du haut.

## L'aubier, et ce que je demandais au téléphone
 L'aubier ne se comporte pas comme le reste de la pièce en extérieur. Sur une façade laissée naturelle, c'est là que j'ai vu les choses commencer, et pas au milieu de la façade : en pied de bardage, sur les deux ou trois premières lames, là où la pluie rebondit sur le sol et remonte. Deux hivers, et les zones claires étaient devenues grises sales, puis molles sous l'ongle. Le reste de la lame allait très bien.
 Après ça, j'ai commandé en disant le mot : purgé d'aubier. Ça change ce que la scierie peut sortir d'un billon, donc les largeurs disponibles, donc parfois le délai. La conversation dure plus longtemps, et je préfère l'avoir avant la commande plutôt qu'au déchargement.
 Le douglas se scie dans les ateliers français, il se trouve un peu partout, et le réseau bouge. Le relevé Sirene du 22 août 2026 compte 1 191 établissements de sciage cessés sur 4 346 immatriculations, soit 27,4 %. Dans le même temps, les créations n'ont pas cessé : 86 en 2018, 185 en 2024, 169 en 2025. L'atelier qui vous a fourni il y a dix ans n'est pas forcément celui que vous rappellerez pour compléter une façade. Les labels de gestion forestière figurent sur certains bons de livraison. Ils renvoient aux organismes qui les délivrent, et je m'arrête là.

## La résine du premier été
 Le douglas résine. Sur une façade sud, en juillet, j'ai vu des gouttes ambrées perler sous des nœuds et couler sur la lame du dessous. Elles durcissent, elles foncent, et elles finissent par faire une traînée qu'on voit en lumière rasante.
 J'en ai gratté une avec une carte plastique, un mois d'octobre, pensant bien faire. Ça a laissé une marque mate à l'endroit gratté, plus claire que le bois autour, et cette marque a mis deux ans à se fondre. Sur les façades suivantes, je n'ai plus rien gratté du tout.
 Sous un débord chauffé par le soleil, c'est pire qu'en pleine façade, parce que la lame monte plus haut en température et qu'il ne pleut pas dessus pour rincer.

## Le calendrier que mes photos montrent
 Je photographie les mêmes façades depuis douze ans, au même endroit, à peu près à la même saison. Sur le douglas, la série raconte toujours la même histoire, à la vitesse près.
 La première année, le rose part. Il vire au roux, puis au brun clair, de façon inégale.
 Au bout de deux hivers, le gris s'installe là où la pluie bat vraiment, en plaques, avec des zones encore brunes entre.
 Vers trois ans, la façade est en camaïeu, et c'est le moment où les gens m'appelaient.
 Plus tard, ce qui prend la pluie franchement finit dans un gris argent assez régulier. Le nord garde une teinte plus sombre, verdit sous les arbres. Ce qui vit sous un grand débord peut encore être roux quand tout le reste est gris.
 Sur une pose verticale, l'eau descend le long des lames et lave plus régulièrement qu'en horizontal, où chaque recouvrement fait une ligne d'ombre qui sèche moins vite. Deux façades du même lot, l'une verticale et l'autre horizontale, ne sont pas au même stade au même moment. Est-ce que ça vous gêne ?
 Ceux qui ont saturé leur douglas ont déplacé le calendrier, pas supprimé le travail. Un saturateur se repasse, et c'est une décision qui engage des week-ends pendant toute la vie du bardage. J'ai vu deux façades reprises régulièrement qui étaient belles à huit ans, et beaucoup d'autres traitées une fois, jamais reprises, qui pelaient en plaques.

## Ce que le douglas fait à la visseuse
 Il est dur, et il fend en bout. Sur mon deuxième chantier en douglas, j'ai fendu trois lames en attaquant une pointe à moins de deux doigts de l'about. Sur les suivantes, j'ai pré-percé dans cette zone, même quand ça ralentissait la journée.
 La visserie inox, je l'ai posée pendant quinze ans et je n'ai jamais eu à le regretter. Les têtes s'enfoncent moins facilement que dans du sapin, et le douglas raboté marque autour de la tête si on force au dernier tour de visseuse. Je finissais souvent le dernier millimètre à la main.
 Le pare-pluie, la lame d'air, le calepinage des lames : ce sont les mêmes règles quelle que soit l'essence, et le NF DTU 41.2 traite des revêtements extérieurs en bois. Je le nomme et je renvoie au texte.

## Ce que je ne compare pas ici
 Je ne mets pas le douglas en face du red cedar, du mélèze ou d'un bardage composite pour dire lequel gagne. Ils ne vieillissent pas de la même façon, et un composite ne vieillit presque pas du tout, ce qui est exactement ce que certains cherchent. Le classement de durabilité et les classes d'emploi existent, ils sont écrits dans des textes, et je me contente de les nommer.
 Une habitude que j'ai prise tard, et que je regrette de ne pas avoir eue plus tôt. Sur la dernière lame posée, au dos, je marquais au crayon de charpentier la date, l'essence et l'état de surface. Ça ne sert à personne pendant dix ans. Le jour où quelqu'un rouvre une façade pour changer trois lames, c'est écrit là, et il sait ce qu'il doit commander pour que la reprise se fonde. Sur mes propres photos, je ne retrouve jamais ces choses-là. Sur le bois, si.

 Soazig Guennou 

 Quinze ans de chantiers bois en Bretagne. Ossature, bardage, extensions. Elle écrit ce que le bois devient une fois posé.

 Ne commente aucun DTU : elle le nomme et renvoie au texte. Ne dimensionne aucune structure — ce n'est pas un bureau d'études. Ne donne pas de prix. Elle n'est ni architecte, ni ingénieure structure, ni bureau de contrôle.

 La page de Soazig → 

 Trois questions 

## Le douglas, trois ans après la pose

 1. Que devient la teinte rosée d'une lame de douglas neuve sur une façade exposée ?

 A Elle se fixe une fois le bois sec B Elle vire au roux puis au brun clair dès la première année C Elle fonce d'un coup vers le gris dès les premiers mois 

 Le rose ne tient que le temps du rabotage et des premiers mois, le gris uniforme n'arrive qu'après plusieurs hivers de pluie battante.

 2. Pourquoi les premières lames en pied de bardage se dégradent-elles avant les autres ?

 A Parce qu'elles reçoivent le plus de soleil B Parce qu'elles sont vissées plus serré que le reste C Parce que la pluie rebondit sur le sol et remonte dessus 

 Les zones d'aubier, plus claires, y sont devenues grises sales puis molles sous l'ongle en deux hivers, alors que le haut des mêmes lames allait bien.

 3. Que laisse le grattage d'une coulée de résine durcie sur une lame ?

 A Une marque mate plus claire qui met des années à se fondre B Une surface nette qui reprend la teinte voisine en quelques semaines C Un léger creux que le premier gonflement referme 

 Gratter enlève la goutte et attaque aussi la surface autour, qui grise ensuite à son propre rythme au milieu de la façade.

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## Dans ce guide
 En bref 
 Ce que le douglas est le jour où il arrive 
 L'aubier, et ce que je demandais au téléphone 
 La résine du premier été 
 Le calendrier que mes photos montrent 
 Ce que le douglas fait à la visseuse 
 Ce que je ne compare pas ici 
 Trois questions pour vérifier 
 
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